J'en reste muet d'horreur. Ma sœur me serre contre elle puis se lève, s'avance vers Sano et pose sa tête contre son torse. Mon cœur se serre.
"Viens , dit
Aya, laissons le seul pour ce soir.
-D'accord, dit Sano en l'embrassant sur le
front."
Mon cœur se serre à nouveau. Ma sœur sort, tenant sa main, et l'entraîne avec elle. Sano en partant me jette un dernier regard avec une lueur au fond des yeux que je ne peux pas comprendre dans l'état où je suis.
Le lendemain,
je me réveille tôt, avec les yeux encore rougis par
mes pleurs de la veille. Je m'étire et reste étendue
sur le lit, les bras au dessus de ma
tête, le nombril à l'air. Un courant d'air me fait
frissonner, surtout au niveau du ventre, mais j'ai aussi
comme un appréhension. Je n'ai pas
envie de bouger , même mes yeux restent fermés.
J'entends la porte de ma chambre s'ouvrir, mais je n'esquisse aucun
mouvement pour voir qui entre, pensant qu'il s'agit de ma
sœur à l'écoute du pas
léger.
"Elle doit sûrement croire que je dors, et c'est tant mieux, 'pas envie d'être dérangé..."
Les pas
s'approche et soudain, je frissonne. Un doigt caresse sensuellement
la partie de mon ventre qui est à découvert. Je n'ose
pas ouvrir les yeux, de peur de découvrir une autre
personne que ma sœur.
Ce quelqu'un s'assoit sur mon lit , qui s'affaisse sur le
côté plus que d'ordinaire lorsqu'il s'agit de ma
sœur. Maintenant, j'en ai la certitude, ce n'est pas Aya.
J'ai peur, mais je ne veux toujours pas bouger, trop fatigué pour
lutter. Je sens alors un souffle chaud et sucré
caressé mes lèvres et perturber mes sens. Je me
raidis et ouvre les yeux,
terrorisé.
Sano est penché sur moi, son visage à 2cm du mien, avec un sourire au coin des lèvres et les yeux pétillants ... d'envie?
"On se réveil seulement maintenant, dit Sano d'une voix taquine, ma belle au bois dormant?"
Je rougis sous l'appellation. Je suis tétanisé et n'arrive plus à penser, pourtant j'ai l'impression que mon cœur, lui, est pas du même avis que moi et commence donc à palpiter.
"Kawaii, dit il en se penchant un peu plus, avant de ma lécher les lèvres puis de déposer un tendre baiser dessus. Rendors-toi, ca ne sera qu'un rêve."
Et il repart. Je suis trop choqué pour protester, allongé dans mon lit, comme un con. Je me rendors pour me réveiller vers 11h.
On est dimanche, donc pas de problème pour une grasse mat' prolongée. Je reste donc étendue dans mon lit une demi-heure à glander, repensant à ce qui c'était passé plus tôt dans la matinée. J'en rougis et mon cœur devient fébrile face à l'image de Sano. Puis, petit à petit, je retrouve mon calme et décide de me lever. Je prends ma douche et en ressort avec un simple jean, pas trop large.
Je descends dans la cuisine, choppe le pot de nutella et un paquet de pain de mie avant de filer me poser devant la télé. J'ai même pas pris le temps de m'habiller complètement.
"Toute façon, je compte pas sortir aujourd'hui, 'pas envie..."
J'aimerai regarder Saw, mais je ne le trouve pas, ça doit encore être ma chère frangine qui l'a embarqué dans sa chambre :
"Aya!! Tu peux descendre
steuplaît?! Jtrouve pas Saw! crie-je, sachant que ce ne
réveillerai pas mes parents, sûrement assez
crevés pour dormir jusqu'à demain.
-Pas la peine de gueuler, jsuis là. Je vais le chercher. Et
assieds-toi correctement qu'on puisse
s'asseoir."
"On? Non, me dites pas que..."
Je me lève sur un coude et regarde derrière moi.
"Et merde! Qu'est-ce qu'il fout encore là?"
Voilà
que Sano est là, en train de sourire. Un sourire qui
commence franchement à m'agacer. J'ai bien envie de lui
envoyer mon poing dans la gueule, mais m'abstient. Vu ses muscles,
jme ferait massacrer en moins de deux.
Je me fais une belle tranche, bien
tartiné et croque dedans à pleine bouche. Sano vient
s'asseoir à côté de moi, au milieu du
canapé. Il est assit de manière assez
décontractée, cheville droite sur genou gauche,
s'accoudant sur le dossier de mon
côté.
Je sens la panique monter en moi mais la réprime du mieux que je peux et redeviens calme après un gros effort de concentration. Sano se tourne vers moi et sourit. Sa main approche dangereusement mon visage, je reste figé. Il essuie du bout du doigt la commissure droite de mes lèvres puis ramène son doigt dans sa bouche, avec un air de contentement joyeux :
"Tes lèvres sont délicieuses, même avec du nutella dessus..."

j'aimerais pas rencontrer le scénariste dans la rue en tout cas !
D,
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